Freelance writer, blogger, filmmaker, etc.
Areas of work: editorial and technical writing, proofreading, translation, film direction and coordination, social media, blogging, photography, creation and management of new media projects. I work in French and English.
Film production industry
Freelance writing and blogging
Wael
Zurich airport
Tcho chocolate factory, San Francisco
Downtown São Paulo.
Blackbird series. Shot with a Rollei disposable camera.
Duy
Occupied building in Downtown São Paulo. Hundreds of lower-class families live in abandonned buildings in the city centre. The lack of low-cost housing would otherwise force them to live in the periphery, far away.
Aline et Wael
California
Place Saint-Sulpice
Wael
Kristyn
Lawrence
Adrienne
Friends
Niemeyer Museum, Curitiba.
Blackbird series, shot with a Rollei disposable camera.
Complexo do Alemão, Rio de Janeiro. This group of a dozen favelas is going through the "pacification" process helmed by the municipality and aiming at regaining control of the favelas over drug traffickers. The first phase is military invasion.
Crossbird series, shot with a Rollei disposable camera.
Dépanneur, Montréal
Duy
Residents expelled from an occupied building sleep on the sidewalk in Downtown São Paulo.
Guanabara Bay, Rio de Janeiro
Blackbird series, shot with a Rollei disposable camera.
Maria das Graças in front of her house in Estradinha, Rio de Janeiro. She's resisting the eviction process organized by the municipality to protect residents of her neighbourhood from landslides. Independent studies show the area is not at risk.
Insite supervised injection facility, Vancouver
Great Old Bones in a New Neighbourhood
Landscapes/Paysages, Spring 2010
Ethical consumerism and the movement to ‘buy fair’
The Warehouse, Winter 2010
Clap de fin, hier, pour les XXIes Jeux d’hiver, au Canada, avec la cérémonie de clôture. Après des années de préparation et deux semaines comme centre du monde, la ville passe dès aujourd’hui à l’après-JO. Une tout autre histoire.
L'Humanité, 1er mars 2010
Faute d’accréditations pour couvrir les jeux Olympiques, de nombreux réseaux sociaux et blogueurs ont ouvert un centre de presse parallèle dans le centre-ville de Vancouver et couvrent les sujets délaissés par les médias traditionnels. Reportage.
L'Humanité, 22 février 2010
C’est dans l’air du temps, Vancouver a joué à fond la carte écologique pour accueillir les JO d’hiver. Mais, si certaines réalisations sont en pointe, la réalité est parfois éloignée du tout beau, tout écolo.
L'Humanité, 18 février 2010
Si Vancouver, hôte des Jeux d’hiver, est vanté pour sa qualité de vie, la ville a aussi son revers de la médaille. « Visite » de Dowtown Eastside, quartier déshérité à l’ombre de l’or olympique.
L'Humanité, 16 février 2010
Landscapes/Paysages, Winter 2010
Montreal's flourishing high-end bean market.
The Warehouse, January 2010
The story of a physiological and political disease.
The Warehouse, October 2009
Four co-working spaces that reinvent the cubicle farm.
Unlimited, September 2009
When Montreal clothing companies refuse to outsource their production abroad.
The Link, November 12, 2007
Residents reflect as Montreal prepares to destroy a historic neighbourhood.
The Link, March 18, 2008
Female directors fight for equality in the film industry.
The Link, April 7, 2008
Le département d'études françaises s'éloigne des conventions universitaires.
Concordia University Magazine, Summer 2008
This series of photographs was taken in Brazil between January and March 2012, with Rollei disposable cameras. Each card comes with a personal message in the back that describes the picture in a personal way. I wanted to share memories from my trip before to move on to other stages of this months-long, maybe years-long project, and express the impressions, feelings and emotions that were part of my experience.
There are six different card, I’m giving them for free!
Maria da Graças pose devant sa maison à moitié détruite. C’est aussi le bar de sa soeur, et l’ancien point de rencontre des gens du quartier, avant que la mairie n’entreprenne la destruction des maisons. Selon la municipalité, Estradinha se situe sur une zone menacée par les glissements de terrains, mais certains résidents affirment le contraire. Ils se battent désormais pour rester.
Maria das Graças in front of her half-demolished house in Estradinha. It’s also her sister’s bar, and used to be the focal point of the community until city hall decided to demolish the neighbourhood, claiming the area is threatened by potential landslides. Residents say they have proof of the contrary, and are now fighting to stay.
Estradinha, c’est l’histoire d’une petite communauté oubliée, qui lutte seule contre l’acharnement de l’Etat.
En avril 2010, des pluies torrentielles ont provoqué des glissements de terrains, causant la mort de 173 personnes (54 furent portées disparues) à Rio et dans les municipalités voisines.
La tragédie a révélé l’incapacité des gouvernements municipaux à évaluer les zones de risque et protéger les habitants qui y résident. En réponse aux critiques, la ville entreprit alors la démolition des maisons situées sur des terrains à risque et le relogement des résidents.
Estradinha 1014 est le nom d’un quartier situé sur une colline entre Copacabana et Botafogo, à l’extrémité de la favela Ladeira dos Tabajaras - un quartier central. La vue, superbe, donne sur le cimetière São João Batista, le quartier de Botafogo, le mont sur lequel est situé le Christ Rédempteur. Au bout du quartier, dont une grande partie est situé dans la forêt, se trouve l’entrée d’un sentier de randonnée qui traverse la montagne. Le cadre est exceptionnel.
Des employés de la ville sont arrivés un jour à Estradinha, prétendant effectuer un recensement. Une partie du terrain situé au bord de la route s’était effondrée à cause de la pluie, mais aucune maison n’avait été touchée. La mairie souhaitait s’assurer que le quartier était sauf.
Puis les choses sont allées très vite. Les employés ont commencé à taguer les maisons avec le redouté sigle SMH (Secretaria Municipal de Habitação). Les résidents ne savaient pas à l’époque que cela signifiait que leurs maisons seraient détruites. La ville avait décrété que le terrain était à risque, et a commencé à offrir aux résidents la possibilité de partir, contre une (maigre) indemnisation. 255 familles ont accepté et ont dû s’installer dans des quartiers beaucoup plus éloignés, l’indemnisation étant trop faible pour pouvoir acheter une maison dans un quartier central. Les 100 familles restantes ont décidé de rester, quoi qu’il arrive.
Car certains résidents ont mis en cause la légitimité des actes de la mairie. Ils ont retrouvé une étude géologique réalisée plusieurs années auparavant, démontrant que la majorité du quartier n’était pas à risque, puis commandé une étude indépendante, qui a confirmé ces résultats. Celle que la ville avait effectué en 2010 après les pluies affirmait le contraire. Depuis, ils essayent de se battre pour arrêter le processus, mais la destruction du quartier est déjà largement entamée.
Lorsque je me suis rendue à Estradinha, les trois-quarts du quartier étaient déjà en ruines. Les employés de la ville utilisent les mêmes techniques qu’à la Vila do Metrô: soit ils détruisent les maisons et laissent les gravats tels quels, soit, quand il s’agit d’une maison comprenant plusieurs appartements et que l’un des étages est toujours occupé, ils font des trous dans les murs de l’appartement vide. Résultat, le quartier est devenu invivable, certaines maisons menacent maintenant de s’écrouler, des squatteurs sont venus s’installer dans certaines maisons vides, les ordures traînent partout…
Les résidents se sentent doublement trahis: la ville est entrée dans la communauté sous un faux prétexte, et a ensuite décidé de la destruction du quartier pour des raisons infondées. Ils sont persuadés que l’objectif, à long-terme, est de revendre le terrain - qui vaut très cher - à un promoteur immobilier.
La favela Ladeira dos Tabajaras possède maintenant une force de pacification (UPP), qui ne comprend pas Estradinha car le quartier doit être démoli, mais a pourtant installé son QG devant l’entrée du sentier de randonnée, prenant ainsi la place de la seule aire de jeux pour enfants, sur un terrain considéré comme “à risque” par l’étude de la ville. J’ai parlé à deux résidents (dont Vera, qui m’a fait la visite) qui m’ont dit être prêts à payer impôts et factures, et faire le nécessaire pour rentrer dans la légalité, du moment que la ville urbanise le quartier. Cette dernière en a décidé autrement.
Ces tactiques commencent à être observées à plusieurs endroits: Vila do Metrô, Estradinha, Morro da Providência n’en sont que quelques examples. Il semble qu’il ne s’agisse pas de cas isolés mais bien d’une nouvelle stratégie de la ville pour gagner du terrain sur les favelas. Affaire à suivre.
Attention, les légendes qui suivent contiennent un peu d’humour.
La vue depuis Estradinha, avec le cimetière, Botafogo, et le Christ tout en haut (pas le vrai Christ, hein, celui-là court toujours).
Même vue, côté droit. Au premier plan, l’endroit où le terrain s’est effondrée pendant les pluies de 2010.
Des trous, des débris, partout. Ici, la maison située en haut risque de s’effondrer depuis que celle qui était en dessous, et qui aidait à tenir le terrain stable, est démolie.
Et hop, un trou dans le plancher du salon.
SMH: quand ta maison se retrouve avec ces lettres taguées sur le mur, il est temps d’avoir peur.
Ça tue un peu l’ambiance, les gravas du voisin.
Vue de la vallée depuis les plus hautes rues d’Estradinha. Au fond à gauche, c’est la favela Dona Marta, la première qui a été “pacifiée”. Michael Jackson y avait tourné une partie du clip de “They Don’t Care About Us”.
“Non aux expulsions”.
Here’s another video that explains the situation of Vila do Metrô. Raquel Rolnik is the UN Special rapporteur on adequate housing. She has a very interesting blog: http://raquelrolnik.wordpress.com/
This case is important for several reasons. First, the favela is being razed to build the parking space for the Maracanã stadium, which will host the World Cup final in 2014. Second, the tactics used by the city to kick people out are insidious, dangerous and unjust. They reflect a new kind of strategy the city has been using to get rid of favelas, and that have already been used in several places (for example, Estradinha, which I will write about later.)
Here’s a short photo essay I put together with some material from São Paulo. I was walking in the city centre one day, which is a beautiful, old and run-down area, when I found myself on Avenida São João. On the left side I saw dozens of people hanging out on mattresses, under a bunch of tarps. There are many bums and crackheads in downtown Sampa, but these people didn’t look like one of these. On the right side there was a tall, ancient building, with red flags hanging from the windows and pixação (Sampa-style graffiti) on the walls. An old lady was sitting on a chair in front of the entrance, as if she was the building’s guardian. I stopped to ask her what was going on and she said that building was being occupied by working families, and on the other side were families that had been evicted from another occupied building.
I went back the next day and got to visit one of the squatted buildings in the neighbourhood, and spent the rest of the day with the evicted families. At the end of the night they made food for everyone and fed me. I don’t know what happened to them and wether they found another home.
Pour en savoir plus sur le funk carioca. Interview du photographe français Vincent Rosenblatt.
Et bien oui, il fallait bien que j’en parle un jour, de ce fichu Carnaval. Pour faire bref, je me contenterai du principal. Le carnaval de Rio, c’est: 1) Beaucoup d’attente 2) Beaucoup d’alcool 3) Beaucoup de chaleur, et par là même, de transpiration 4) Beaucoup de chansons traditionnelles dont on ne connaît pas les paroles et de grands moments de solitude quand tout le monde les chante, sauf vous 5) Un peu de danse 6) Beaucoup de crasse 7) Pas beaucoup de femmes nues en costume à plume (trop mainstream) 8) Beaucoup de choses innommables sur ce blog. Affaire classée. Suivant!
Going to Rio during carnival comes with the obligation to talk about it. “How was Carnanaval?” people ask me. Always. The truth is I sometimes feel they don’t listen to the answer. To save myself some energy I will be brief. Carnaval in Rio is 1) A lot of waiting 2) A lot of alcohol (as if you hadn’t guessed) 3) A lot of heat, therefore a lot of sweating 4) A lot of traditional songs everybody knows the lyrics to but you 5) A bit of dancing 6) A lot of filth 7) Not a lot of feather-wearing naked women (cool people don’t go to that Carnaval) 8) A lot of things that can’t be said on this blog. Here you go. You can always go in 45 years, it will be exactly the same.
Poches sous les yeux, peau luisante de transpiration, accessoire ridicule… Le costume parfait, quoi. J’ai quand même eu le réflexe incroyable d’acheter un éventail, ce qui a fait une ÉNORME différence.
Bags under the eyes, shiny, sweaty skin, ridiculous accessory… In a word, the perfect Carnaval costume. I had the amazing idea to buy a fan. A life-saver.
Je ne sais pas qui sont ces gens.
I don’t know who these people are.
Le journal britannique The Guardian avait fait une petite vidéo sur l’histoire de la Vila do Metrô, dont j’ai parlé dans un billet précédent. C’est un très bon moyen d’en savoir un peu plus sur la situation.
British newspaper The Guardian published this video about the Vila do Metrô a while back. Watch if you want to know more about what’s going on.
Paraty, petit village situé sur la côte à l’ouest de Rio. Parfait pour une escapade le week-end. Moins parfait pour ceux qui n’aiment pas la plage (c’est à peu près la seule chose à faire).
Paraty, small village on the coast, West of Rio. Perfect for a week-end trip. Less perfect if you don’t love the beach (it’s more or less the only thing there is to do).
Le coucher de soleil à Ipanema est un moment magique. Il y a un endroit, un gros rocher, qui séparer la plage d’Ipanema de celle de Copacabana, c’est la Pedra do Arpoador. Le rocher s’avance dans la mer, permettant si on s’y avance d’être en face du soleil lorsqu’il se couche. Tout le monde applaudit quand il disparaît finalement.
Sunset in Ipanema is a magical moment. Ipanema beach is separated from Copacabana by the Pedra do Arpoador, a large rock which makes a perfect point of view to watch the sun go down. People clap and cheer at the end, there’s an amazing vibe.
Petite surprise la semaine dernière: mon expérience avec les appareils jetables Rollei s’est avérée assez positive. Beaucoup de photos n’ont rien donné mais quelques unes ne sont pas mal du tout. Du coup, j’ai décidé d’en faire un projet spécial que je vous révèlerai un peu plus tard… En attendant, voici une photo de São Paulo. Les tags sur les murs sont appelés pixação, c’est un style propre au Brésil et surtout à cette ville, très intéressant d’un point de vue culturel et social. Le Space Invader devrait être français s’il est authentique :)
For those of you who’ve seen me around with these ridiculous little disposable cameras, I can tell you the pictures turned out pretty well, even if a lot of them didn’t work out. I’ve decided to prepare a special project with the shots, it will be ready soon but I don’t want to reveal too much. Meanwhile, here’s a picture of São Paulo. The tags on the walls are called pixação, it’s a style from Brazil and particularly from this city, a whole cultural and social subject worthy of study. The Space Invader should be French, if authentic!
Des enfants jouent au foot à l’Espaço Criança Esperança, dans la favela Cantagalo.
Children play futebol in Espaço Criança Esperança, in the Cantagalo favela.
Gerald (je crois que c’est son nom), résident d’Arará. Ci-dessous, avec Negra Rê, artiste de hip-hop.
Gerald (I think that’s his name), Arará resident. Below, with Negra Rê, hip-hop artist.
La favela do Arará est l’une des premières que j’ai visitées. C’est ce jour-là que j’ai découvert qu’il fait parfois bon vivre dans ces quartiers. Une communauté soudée, des artistes talentueux, une vue imprenable, le soleil… Bien que construites de manière sommaires, les maisons ont pour caractéristique de posséder des terrasses sur les toits. Un immense atout pour survivre aux chaudes journées d’été. Rien de pourrait remplacer une bière prise le soir sur lelageen regardant les montagnes.
The favela do Arará is one of the first communities I visited. That day, I got a glimpse of the best the favela has to offer: a tightly-knit community, talented artists, a great view, the sun… Although construction there is very approximate, most houses have a rooftop terrace, a priceless asset to survive hot summer days. Nothing could replace a beer drunk on the lage while staring at the mountains.
I just wanted to clarify certain things before I continue to publish my pictures from Brazil. You’ll mostly see pictures of the favelas here, or poverty (as is the case for São Paulo) or both. The favelas were not the sole focus of my reporting there, and they were not the main places where I was spending time. I was in the Zona Sul of Rio most of the time, locked inside the large colonial house that was my hostel, or outside in the Catete neighbourhood, or at the office in the centre.
What you will see on this blog is a distorted view of my trip, but a telling one. If I only took pictures of the favelas with my digital camera, it’s because it was the only place I felt comfortable to do so. I was always entering the favela with someone who knew the place and was often highly respected in the community. I highly doubt someone would ever try to rob them or anyone walking with them. In non-pacified favelas, the rule of traficants is tough and minor crimes such as theft can be punished by death, although as a tourist I’m not sure I could benefit from gang justice. The only place I didn’t feel safe to do show my camera was in Jacarezinho, and the decision was only based on instinct.
On the contrary, at not point did I feel comfortable using the camera in “normal” streets, for lack of a better world (in Rio the lawful part of the city is called the asphalt, because there the road is paved.) Last Wednesday I was walking in the favela Ladeiras dos Tabajaras with Vera, my contact there, and as we were about to exit the neighbourhood she asked “Are you going to use your camera in the street?” I said no, thanks for reminding me, and put it away in my bag. The favela does offer some level of protection, safety and closeness that contrasts with the violence it can undergo at times. This is one of the many contradictions of life in Rio, and life in Brazil.
La Vila do Metrô, petite favela séparée de la grande Mangueira par la voie de chemins de fer, vit ses derniers instants. Située non loin du légendaire stade Maracanã, elle deviendra bientôt son parking pour la Coupe du Monde de 2014.
Les techniques d’expulsions ici sont radicales: les habitants qui n’acceptent pas l’indemnisation offerte par la municipalité et refusent de partir voient leur quartier se désagréger sous leurs yeux. La ville ne détruit pas toutes les maisons vides, elle y fait parfois des trous pour que l’eau de pluie, les ordures et les bêtes s’y entassent. Face à l’insalubrité croissante, les irréductibles n’ont d’autres choix que de céder.
“Os predios da Mangueira não são esmolas! São conquistas da nossa luta”/Les bâtiments de Mangueira ne sont pas des aumônes, mais des conquêtes de nos luttes” peut-on lire sur le mur.
The Vila do Metrô is a small favela located across the train tracks from its big sister, Mangueira, and a few blocks away from the legendary Maracanã stadium. Soon, all of this will be gone and the houses will be razed to build a parking lot for the 2014 Soccer World Cup.
Eviction techniques here are brutal: some of the residents who refuse the city’s offer to leave have to deal with their neighbourhood’s disintegration. The city doesn’t raze all empty houses immediately, but rather breaks major holes it their walls that allow rainwater, garbage, and animals in. Dirt and the risk of disease force remaining residents to move out.
“Os predios da Mangueira não são esmolas! São conquistas da nossa luta”/”The buildings of Mangueira are not charity! They’re conquests of our struggle” is written on the wall.
À droite: une ou plusieurs maisons on été rasées. À gauche: une maison vide.
On the right: one or several houses have been razed. On the left: an empty house.
SMH, les initiales de Secretaria Municipal de Habitação. La ville applique ce tag sur les maisons qui seront détruites. Souvenez-vous-en, on le reverra plus tard…
SMH stands for Secretaria Municipal de Habitação (Municipal Housing Department). The city tags these letters on the walls of houses that will be demolished. Remember them, we’re going to see them elsewhere…
À l’intérieur…
Inside…
Quant les touristes arriveront, ils ne sauront pas qu’il y avait un quartier ici. Même les Cariocas ne remarqueront probablement pas sa disparition, la plupart ne le connaissent pas. C’est comme si la favela, quartier informel sans histoire officielle, n’aura jamais existé.
When tourists will flock the city, there will be no trace of the neighbourhood. Even the Cariocas won’t notice the place is gone. Most of them don’t know about it. The favela, which officially does not exist and does not have a history, will never have existed.
De retour à Montréal, je trie progressivement mes affaires, fais les lessives, classe les photos… Je n’ai pas pris beaucoup de photos car on ne se balade pas comme ça dans la rue avec un gros réflex dont l’objectif intimide tout le monde (à Rio comme ailleurs). J’ai donc décidé d’en publier une par jour à partir d’aujourd’hui, histoire de bien les savourer…
All captions will be translated into English.
Un couple d’adolescents pratique la samba à l’Espaço Criança Esperança, situé dans la favela de Cantagalo. Le centre offre de nombreuses activités culturelles, sportives et éducatives au jeunes du quartier.
Two teenagers practice samba at Espaço Criança Esperança in Cantagalo, one of Rio’s favelas. The centre offers various kinds of after-school activities to the neighbourhood’s youth.
Si j’écris aujourd’hui, ce n’est pas tant pour partager avec vous ce que j’ai vécu que pour me décharger l’esprit et pouvoir passer à autre chose. Ça m’empêche de travailler.
J’aurais bien aimé vous parler des belles choses de Rio sur ce blog. De l’atmosphère magique qui règne lorsque les gens se rassemblent pour écouter des groupes de samba, des bâtiments majestueux du centre-ville, de l’atmosphère bohème de Santa Teresa. Mais nous les journalistes, on a pour obsession d’aller dans les endroits les plus pourris de la terre, et après de faire chier tout le monde en racontant ce qu’on a vu. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça. Souvent je sens que je dérange les gens quand je raconte, mais je le fais quand même, parce que je trouve que c’est nécessaire. Il faut pas mal de courage pour reconnaître certaines vérités. Que les pires endroits et les pires choses sur cette planètes sont créés par des gens comme vous et moi, et qu’on est tous responsables, parce que ces endroits sont des produits du système dont on fait tous allègrement partie.
Enfin bon, pour aller droit au but, je me suis retrouvée dans un endroit pas mal dangereux hier soir. Disons, la favela la plus dangereuse depuis que le Complexo do Alemão est sous contrôle des forces de pacification. J’avais pas vu d’armes jusqu’à présent à Rio. J’avais pas vu de drogues non plus. Des drogués, oui, des enfants défoncés par le crack, mais pas la drogue elle-même. Du coup ça faussait mon jugement. J’arrivais pas à comprendre quelle pouvait être la réalité de certaines favelas, l’environnement dans lequel certains enfants peuvent grandir.
Favela Jacarezinho, entre 40,000 et 90,000 habitants, peut-être plus, comme d’habitude on peut pas savoir. Une des plus hautes densités de population au monde. Je suis invitée à une soirée “open mic” de musique et poésie. Pour s’y rendre, il faut d’abord franchir les rails qui séparent la favela du reste du monde, et où les accros au crack viennent passer la nuit. Ensuite, tourner à gauche dans une rue sombre. C’est le marché de la drogue à ciel ouvert qui fait la réputation sulfureuse de Jacarezinho. De chaque côté de l’étroite rue, les vendeurs, assis à des tables en plastique blanc, veillent sur des monceaux de petits paquets de drogue. Marijuana, cocaïne et crack. Ils attendent le client, qui évidemment vient sans tarder. Il y a beaucoup de monde dans les rues de Jacarezinho, de la musique, une messe dans une petite église évangélique à gauche, quelques personnes scotchées aux machines à sous dans un bar à droite. Beaucoup de motos qui passent rapidement, il faut faire attention où on marche.
Après une où deux minutes on arrive sur une place assez grande, où a lieu la soirée. De grandes guirlandes blanches ont été accrochées en hauteur, sur toute la longueur, c’est joli. Le vent souffle dans les petits bouts de papier. Des artistes plus ou moins bons se succèderont pendant quelques heures au milieu du chaos des enfants qui jouent, des motos qui passent, de la musique provenant d’un des bars de la place… Des papys jouent aux cartes derrière, un pistolet à la ceinture. Une moto passe, le passager arrière porte une Kalachnikov à la main (à moins que ce soit un M-16, je sais pas faire la différence). Une autre s’arrête derrière moi, celui-ci porte trois pistolets. Des passants s’arrêtent pour écouter la poésie. Des filles en robes courtes hyper moulées traversent la place.
Jacarezinho mérite tout autant de considération que n’importe quel endroit au monde. La favela est ce qu’elle est, avec ses bons côtés (il y en a, beaucoup) et ses côtés les plus horribles. Un jour elle sera envahie par l’armée, et “pacifiée” à son tour. Les armes et les trafiquants se déplaceront vers d’autres favelas, trop loin pour que des gringas comme moi aillent voir ce qui s’y passe.
Maintenant si vous le permettez, j’ai du travail à faire.
Oui, c’est comme ça qu’on appelle les villes qui vont accueillir la Coupe du Monde en 2014. Des villes sièges. C’est marrant parce que moi, je les appellerais plutôt des villes assiégées.
Suzana est une jolie femme d’une quarantaine d’année, bien habillée, bien maquillée, et très souriante. Suzana est fière de me montrer le gros dossier que la ville a préparé pour convaincre la FIFA que Curitiba devait accueillir des matchs pendant la Coupe du Monde. Les autres villes ont fait appel à des compagnies privées pour les aider mais à Curitiba, tout a été fait au sein du département d’urbanisme de la mairie. Normal, l’urbanisme a toujours été une priorité ici et le département tient une place importante dans la vie de la ville.
Suzana tourne les pages du dossier les unes après les autres en m’expliquant tous les aménagements que la ville effectuera. Officiellement, seul le stade sera modifié pour accueillir la Coupe, les autres changements devaient être faits de toute façon. Bien sûr, l’ordre des priorités a été changé, mais ça, Suzana ne me le précise pas.
L’aéroport, par exemple, va être agrandit pour pouvoir accueillir plus de passagers, et la route qui y mène sera élargie. Suzana tourne la page pour passer au sujet suivant, mais je lui demande ce qu’il se passera avec les maisons situées sur les aires de travaux. Ah oui, dit Suzana, certaines familles devront partir, c’est vrai. Elle voudrait enchaîner sur autre chose mais j’insiste: ah bon? Combien de personnes devront partir? Suzana me dit qu’il s’agit de 32 familles, soit 101 personnes. Elle ne le sait pas, mais j’ai entendu d’un chiffre bien plus élevé… Bizarre, il faudra que je me renseigne. J’insiste encore: est-ce que ces familles seront relogées? Suzana me regarde bizarrement. Non, il s’agit de familles à faible revenu, on leur donnera juste de l’argent et elles choisiront où elles veulent aller. Le ton de sa voix voudrait presque dire: “c’est logique, non?”
On passe au fameux stade, et au périmètre de 2 km l’entourant qui sera le cœur des festivités. Encore une fois, Suzana me parle avec fierté des rues piétonnes qui seront mises en place pendant l’événement, et me montre le plan de la place qui accueillera les boutiques temporaires. On a dû insister auprès de la FIFA, me dit Suzana, ils voulaient que l’on construise quelque chose de permanent mais on voulait que ça reste temporaire. J’en profite, est-ce que ça ne va pas nuire aux commerçants du quartier le fait que ces boutiques ne vendront que des produits officiels? Non, me dit Suzana, les commerçants pourront continuer à vendre leurs produits normalement. Bien sûr, ils n’auront pas le droit d’afficher de logos ou de publicités pour d’autres marques. S’ils exhibent une banderole Pepsi, et bien ils devront la retirer, car c’est Coca-Cola le partenaire de la FIFA.
Mais ça, ce n’est pas légal, c’est contre la loi de protection du consommateur, non? Mais non, répond Suzana. Une loi va être votée au parlement pour autoriser ce genre de choses. C’est une exception qui va se transformer en loi, explique-t-elle. Donc c’est légal! J’admire sa logique. On ne se prend pas la tête, dans le monde de Suzana. La loi en question prévoit nombre de provisions qui pourraient être jugées anticonstitutionnelles, puisqu’elle accorde à la FIFA des pouvoirs décisionnels d’habitude réservés à l’état. Par exemple, la FIFA décidera des personnes qui recevront un visa de travail, pas le gouvernement brésilien. Mais il faut bien que cette Coupe puisse se faire!
Et les deux compagnies de sécurité israéliennes qui sont venues récemment pour préparer le plan de sécurité, vous les avez choisi comment? Ah ça c’est pas nous, c’est le secrétariat national qui nous impose ce genre de choses. Suzana n’a pas l’air d’en savoir plus, je réserve donc mes nombreuses questions sur le monopole des compagnies de défense israéliennes pendant la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques pour quelqu’un d’autre.
Bon, et la rénovation du stade, comment a-t-elle été financé? Et bien les travaux, dit Suzana, sont financés par le club de foot de Curitiba, la mairie, et l’état du Paraná. Le stade est privé, il appartient au club. Ah, donc vous avez aidé une compagnie privée à rénover le stade avec de l’argent public? Mais non, répond Suzana! Et elle m’explique une chose compliquée que je ne comprend pas. Sa collègue intervient, elle est plus patiente. La ville vend son patrimoine constructible (par exemple, si un promoteur veut construire un immeuble d’une certaine hauteur, il doit payer la mairie) et utilise cet argent pour divers programmes sociaux ou éducatifs. Cette fois-ci, l’argent est allé au stade. Ah, mais il s’agit donc bien d’argent public, puisqu’il appartient à la mairie? Non non non, cet argent n’est pas issu de l’impôt, c’est de l’argent qui provient d’entreprises privées, c’est donc de l’argent privé.
…
Je hoche la tête de bas en haut, mais en fait je ne pige pas. Plus tard, j’apprendrai que le processus est en fait plus compliqué, puisque la contribution de la mairie pour la construction du stade a été financée par un prêt accordé par la banque de développement locale à un taux très avantageux, en prenant pour garantie le programme de vente du patrimoine constructible. Je n’ai pas encore tout a fait compris ça non plus, mais ça va venir. L’ingénieur civil qui m’a expliqué ça a conclut en disant que c’était une manoeuvre illégale à plusieurs égards.
Suzana a finit de me montrer le gros dossier. Elle me donne l’adresse d’un site Web où je vais pouvoir lire d’autres choses bien sur la Coupe. Et moi, je me dis que j’ai pas mal de boulot qui m’attend pour découvrir quelle est la véritable histoire de la venue de la Coupe à Curitiba.
Curitiba est la capitale de l’état du Paraná, situé au sud du Brésil (1,740 millions d’habitants, 3,168 millions dans la région métropolitaine). Ici, il fait plus froid, il pleut souvent, et la population est un peu moins chaleureuse que dans le reste du pays (j’allais dire qu’à Rio, mais la ville se démarque tellement des autres en terme de chaleur humaine que ce ne serait pas juste de la comparer aux autres). D’ailleurs aujourd’hui je suis en jean et pull, et comme certains d’entre vous le savent bien, moi et les villes pluvieuses, on fait pas bon ménage (Vancouver?) En plus, les habitants détestent le carnaval, qui pour eux est plutôt synonyme de vacances à la plage. Si j’étais raisonnable, j’arrêterais de me torturer en regardant les photos du pré-carnaval de Rio.
Au moins, à Curitiba les gens répondent super vite à mes demandes d’entretiens, contrairement à Rio et São Paulo où je peux m’estimer chanceuse si j’ai une réponse sous deux semaines, et si mes contacts se pointent au rendez-vous (4 heures perdues jeudi dernier). Ce qui m’amène à cette question existentielle: les villes où on fait moins la fête sont-elles plus organisées? Y a-t-il une ville au Brésil où la pratique active de la samba le lundi soir et la consommation de caipivodka n’empêche pas la population d’être efficace au travail? Ou doit-on toujours choisir entre l’un ou l’autre? Je n’ose songer à cette dernière possibilité…
Plus sérieusement, je suis à Curitiba pour deux raisons. Premièrement, la ville sera l’hôte de quatre matchs pendant la coupe du monde de football en 2014 et mettra trois centres d’entraînement à disposition d’équipes étrangères. Deuxièmement, Curitiba est souvent citée comme un exemple de ville durable en raison de sa politique d’urbanisme “éclairée”, à tel point qu’on l’étudie maintenant en cours de géographie au lycée. Dans les deux cas, il s’agit d’en savoir plus sur la réalité sur le terrain. Tout est-il aussi rose qu’on veut nous le faire croire?
Le Carnaval ne commence officiellement que samedi (en fait il n’y véritablement qu’une seule journée de carnaval, le mardi, mais les célébrations au Brésil durent quatre jours) mais c’est sans compter sur le pré-Carnaval!
Depuis la mi-janvier, les blocos, ces groupes populaires qui animent le carnaval de rue, sortent quotidiennement pour défiler, rassemblant des milliers de personnes. Aujourd’hui à Curitiba, 7000 personnes étaient rassemblées pour se joindre au Bloco Garibaldis e Sacis. Une broutille, comparé aux 250,000 personnes sont venues voir le Bloco da Preta à Rio… Oui, il s’agit bien du PRÉ-Carnaval. Je commence à avoir hâte de rentrer à Rio…
Deux personnes dorment dans un camp improvisé sur le trottoir de l’avenue São João dans le centre-ville de São Paulo. La semaine dernière, la police a expulsé les 450 personnes qui avaient élu domicile dans un immeuble situé non loin de là, sans pour autant prévoir une stratégie de relogement. Elles doivent maintenant dormir dans la rue, femmes enceintes et enfants compris.
Le centre-ville de São Paulo est négligé par les autorités depuis des années. Pendant la journée, le quartier se rempli d’employés des bureaux avoisinants, mais le soir, les rues sont rendues à leurs résidents - des toxicomanes accros au crack et des familles pauvres revendiquant leur droit au logement. Elles préfèrent squatter l’un des nombreux immeubles vides du quartier plutôt que de louer un appartement dans la périphérie de cette ville gigantesque (contrairement à Rio, les favelas de São Paulo sont situées dans les banlieues).
Depuis quelques temps, la mairie tente de reprendre le contrôle de ce quartier historique doté d’un immense potentiel - les immeubles haussmanniens pourraient en effet gagner beaucoup de valeur si le quartier était nettoyé. D’après ce que j’ai pu comprendre, le gouvernement fédéral souhaitait mettre en place des programmes d’aide pour les toxicomanes et de logement sociaux pour les familles. Malheureusement, l’état de São Paulo a préféré agir plus vite, pressé par les élections qui doivent avoir lieu cette année, et a envoyé la police militaire vider l’immeuble.
Cette action n’est pas isolée. Le mois dernier, cette même police a délogé 8000 personnes du quartier qu’elles “occupaient” illégalement, à Pinheirihno. Ces quelques 1500 familles vivaient sur le terrain d’un spéculateur foncier depuis huit ans et avaient bâti leurs maisons elles-mêmes. Pinheirinho a été repris dans la violence, et la brutalité policière a mené à la mort d’au moins une personne. Les familles ont été placées dans des églises et des gymnases, en attendant de trouver une solution.
En janvier également, le gouvernement s’est est pris violemment aux toxicomanes du centre-ville en procédant à des arrestations massives et en les délogeant, sans pour autant mettre en place les programmes sociaux qui permettraient peut-être de les aider. Les toxicomanes, en quête d’un nouveau lieu d’habitation, s’éparpillent alors pour se rendre dans divers quartiers de la ville, créant ainsi des problèmes d’insécurité que le gouvernement local ne semble pas pressé de résoudre.
Ces actions on été condamnées par la présidente du Brésil, Dilma Roussef. En attendant, le nettoyage du centre-ville se poursuit.
